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Ryan MOREAU, concepteur d'AWERTYS, réalise un cumul d'activité altruiste, utile à tous: c'est aussi la philosophie de notre action


Association rouennaise, AIDE AUX PROFS effectue une veille sur les innovations altruistes du territoire sur lequel nous sommes nés.

 

Fin octobre 2025, nous avons appris l'existence d'un concepteur d'applications smartphones, qui s'est révélé travailler comme boucher dans le centre-ville. Poussés par la curiosité, nous l'avons rencontré dans un café pour qu'il nous explique comment son invention en octobre 2024, il y a bientôt 2 ans, a amélioré le quotidien de centaines de milliers de personnes à ce jour.

 

Ryan MOREAU n'a pas été professeur, mais son innovation peut donner envie aux professeurs de tous niveaux de contribuer à instruire leurs élèves, en les aidant à maitriser leur vie numérique, et à se protéger des nombreux dangers d'usage de leur univers virtuel quotidien, puisque la grande majorité d'entre eux possède un smartphone Android ou I-Phone dès le début du collège.

 

Son expérience montre aussi que le cumul d'activités n'est pas spécifique aux professeurs: tout salarié de tout domaine d'activité peut avoir envie de s'épanouir autrement, en y consacrant autant de temps qu'il le souhaite, sans que personne ne le lui impose.


INTERVIEW DE RYAN MOREAU, CONCEPTEUR D’AWERTYS et de l'application "Préfixe Bloqueur".

 

Ryan, pouvez-vous nous exposer les études que vous avez faites, et votre parcours de carrière ?

J’ai commencé un CAP boucherie en 2017, puis j’ai continué à travailler dans le même commerce où je l’ai effectué, et j’y suis encore actuellement.

En parallèle, vers 2020, j’ai commencé à développer de petits sites web pour des jeux vidéo, surtout des sortes de wiki d’aide. Petit à petit, j’ai progressé jusqu’à commencer le développement d’un jeu vidéo en 2023.
Ce projet m’a permis d’acquérir des compétences dans la création de sites web, le développement 3D, mais aussi la retouche d’images 2D sur Photoshop pour avoir des rendus plus travaillés.
C’est ensuite en octobre 2024 qu’est sortie la première version de Préfixe Bloqueur, après environ un mois de développement.


Depuis combien d’années, en parallèle, vous êtes-vous intéressé à l’informatique ? Aviez-vous réalisé des formations ou en avez-vous une compréhension intuitive ?


Ça fait maintenant plus de 5 ans que je m’intéresse sérieusement à l’informatique. Je n’ai suivi aucune formation particulière : j’ai surtout appris grâce aux différents documents et ressources disponibles sur internet.
 Avec le temps, j’ai développé une compréhension du code qui me permet de réfléchir plus facilement à la façon de créer, modifier et optimiser quelque chose sans avoir un code brouillon.

Vous avez développé en octobre 2024 une application de plus en plus populaire, « Préfixe Bloqueur » pour réduire drastiquement les appels téléphoniques et les sms des arnaques en tous genres. Pourquoi l’avoir diffusée gratuitement ? Vous n’avez pas eu envie d’en faire votre reconversion ?


Le fait de la diffuser gratuitement permet surtout d’offrir un outil accessible à un maximum de personnes, car le besoin est réel aujourd’hui.

 Je préfère avoir quelques revenus complémentaires grâce à la publicité, ce qui permet aussi d’aider au financement des serveurs. On parle quand même d’environ 1,5 million de données qui transitent chaque jour dessus.

Comment a évolué le nombre d’usagers de votre application depuis octobre 2024 ?

 

L’évolution a pris un gros tournant. Certains jours, l’application a atteint près de 10.000 téléchargements. Aujourd’hui, la moyenne tourne autour de 1.000 téléchargements par jour.

Vous réalisez donc une forme de cumul d’activité : combien de temps vous prend votre activité professionnelle, et, en parallèle, ce que vous concevez comme un loisir ? Est-ce que le temps consacré à cette application augmente, ou reste stable ?

 

Le cumul prend énormément de temps. La boucherie représente environ 35 heures par semaine en période normale, tandis que les projets en parallèle peuvent facilement représenter 60 heures, voire 70 à 75 heures selon les périodes ou lorsqu’il y a des problèmes à gérer.

Vous avez récemment lancé une version Premium payante, à tarif modéré : qu’est-ce que cette version apporte en plus à l’usager, et à vous-même ?


La version Premium existait déjà il y a plus d’un an sous la forme d’une application séparée. Elle a ensuite fusionné avec la version principale afin d’avoir une seule application plus simple à gérer. Elle apporte notamment le blocage des appels internationaux, la gestion de dossiers, les numéros signalés par la communauté, ainsi que de nombreux paramètres supplémentaires comme des statistiques plus avancées.

En mars 2025, Camille BOUVAT a développé l’application « Saracroche » : qu’est-ce qui différencie votre application « Préfixe Bloqueur » de la sienne ?


La principale différence reste sûrement le fait que son application soit Open Source et sans publicité.
 De mon côté, j’ai fait le choix inverse, car je considère qu’une création reste quelque chose de personnel. Après plusieurs années de développement, je ne vois pas forcément l’intérêt de rendre tout le projet accessible pour qu’il soit réutilisé ou détourné afin de générer de l’argent sur quelque chose que j’ai créé entièrement moi-même.

De par votre expérience, la loi sur l’interdiction du démarchage téléphonique pourra-t-elle être appliquée, face à l’imagination sans bornes des arnaques par téléphone ?


Je pense que ça réduira peut-être le problème pendant les premiers mois, mais cette loi reste surtout française. Quand on sait que beaucoup de ces entreprises se trouvent à l’étranger, elles ne dépendent pas forcément de cette réglementation.
Ça risque aussi de pousser encore davantage certaines pratiques de contournement, comme les appels privés ou d’autres méthodes encore plus difficiles à identifier.

Quelles sont, selon vous, en 2026, les arnaques téléphoniques les plus dangereuses ? Quels conseils donner aux possesseurs d’un smartphone pour savoir se protéger ?


Je ne dirais pas qu’une arnaque est plus dangereuse qu’une autre. Selon moi, elles le deviennent toutes à partir du moment où l'on commence à divulguer des informations personnelles.
Souvent, ces données sont ensuite revendues en masse et réutilisées à grande échelle. Et lorsqu’elles ne sont pas obtenues par appel, elles arrivent parfois par SMS, ce qui peut être encore plus difficile à différencier d’un vrai message.

Pensez-vous que le développement exponentiel des arnaques téléphoniques pourrait conduire les usagers d’un smartphone à se défaire de leur addiction ? Un monde sans smartphone est-il encore possible ?


Je ne pense pas, car plus les arnaques évoluent, plus les outils pour lutter contre elles se renforcent aussi avec le temps.
Aujourd’hui, le smartphone est devenu presque indispensable pour beaucoup de personnes, que ce soit pour travailler, passer des appels, envoyer des mails ou simplement s’informer.

Quel regard avez-vous sur le développement de tous les outils IA ? Faut-il craindre, ou encourager ce qui vient ? Quels outils vous semblent intéressants, et lesquels vous semblent dangereux, dans l’inflation des applications qui naissent actuellement ?


Selon moi, certains outils IA sont intéressants et pas forcément à craindre. Par exemple, ChatGPT peut aider à résoudre rapidement des calculs, corriger un texte ou assister sur plein de petites tâches utiles au quotidien.
 En revanche, d’autres outils peuvent être beaucoup plus problématiques, notamment ceux capables de générer des vidéos réalistes à partir d’une simple photo.
On sait déjà que ce genre de technologie peut servir à des arnaques, de la diffamation ou de l’usurpation d’identité. Aujourd’hui, quelques photos de profil Facebook ou une vidéo peuvent suffire à recréer une voix et un visage presque identiques.

Des dizaines de milliers de professeurs vont lire cette interview : qu’avez-vous envie de leur dire, eux qui ont à transmettre leur discipline à des écoliers, des collégiens, des lycéens, qui constitueront la société de demain ?


Selon moi, le rôle des professeurs reste aujourd’hui encore plus important qu’avant, surtout avec tous les outils numériques et l’IA qui évoluent très vite.

Les élèves ont besoin d’être accompagnés, guidés et encouragés par des personnes capables d’expliquer et de transmettre de vraies méthodes de réflexion.
 Je pense que le travail réalisé directement avec un professeur apporte énormément, car rien ne remplace quelqu’un qui peut aider, corriger et expliquer en direct.
Les compétences et les valeurs qu’ils transmettent aujourd’hui sont aussi celles qui construiront les générations de demain.

Comment voyez-vous l’avenir : rester boucher et continuer de développer des applications smartphones, ou investir vos compétences dans le développement d’applications smartphones en cybersécurité ? Avez-vous d’autres projets en cours actuellement ?


Pour le moment, je me vois continuer dans la boucherie tout en poursuivant mes projets en parallèle, car cela reste aussi une source de revenu stable.
Mes projets continueront d’évoluer, avec actuellement l’intégration d’un système de détection des SMS frauduleux dans l’application, avec le même objectif que pour les appels : identifier les tentatives d’arnaque.
À l’avenir, cela pourrait aussi s’étendre aux mails et à d’autres outils utilisés au quotidien.

 

Ryan MOREAU a fait l'objet de plusieurs interviews depuis 2 ans:

- Sur ce podcast 

- Ce site en a souligné l'utilité

- Cette chaîne You Tube en a expliqué le fonctionnement


Ryan MOREAU sur le web :
- le site de sa micro-entreprise
- sa page Facebook
- son application pour smartphones Android ou I-Phone